Martin Prévost est né et baptisé le 4 janvier 1611 Montreuil. Il est le fils de Pierre Prévost et Charlotte Vié.
« L’an de Grace mil six cens et unze Le quatriesme jour de janvier a été baptizé martin fils de Pierre prevost et Charlotte viet sa femme nommé et tenu sur le sts fondz de baptesme par Germain mainguet assisté de Raphael cornu et de Thomasse cambrey faict comme dessus /»

En Nouvelle-France
L’étude sur Martin au Canada n’est pas ici exhaustive car mes recherches sont pour l’instant concentréés sur les documents français. J’ajoute cependant les mentions d’acte à mesure qu’ils viennent à ma connaissance (à compléter éventuellement). J’inclue ainsi les notices de la base d’ArchiviaNet.
Martin Prévost s’embarque pour le Canada* vers vers 1638, car il est cité dans la colonie l’année suivante en 1639 comme habitant, maître valet pour la compagnie de la Nouvelle-France [DBC, Jetté].
Le 3 novembre 1644, Martin écrit l’histoire comme premier blanc à épouser une Amérindienne, Marie Olivier Manitouabeouich, fille de Roch Manitouabeouich et d’Outchibahabanoukoueou. Voir leur descendance sur Francogènes .
Le 12 février 1645, Jamin Bourguignon dit LeProvençal et Claire Morin, son épouse, passent une Vente à Martin Prévost à Québec, devant Guillaume Tronquet, notaire [ANC/MG8-A23/Mi M-1616].
Le 14 août 1645, Robert Giffard de Moncel passe une Quittance à Martin Prévost, devant Guillaume Tronquet, notaire à Québec [ANC/MG8-A23/Mi M-1616].
Le 5 octobre 1645, Jamin Bourguignon dit LeProvençal donne une Quittance à Martin Prévost, sûrement pour la vente de février. Guillaume Tronquet, notaire [ANC/MG8-A23/Mi M-1616].
Le 13 octobre 1647, Guillaume Le Peltier fait rédiger une Quittance envers Martin Prévost., par Claude Lecoustre, notaire à Québec [ANC/MG8-A23/Mi M-1616].
Le 18 octobre 1647, Antoine Martin passe une Quittance envers Martin Prévost., par Claude Lecoustre, notaire à Québec [ANC/MG8-A23/Mi M-1616].

Le retour de Martin Prévost
Martin retourne à Montreuil vers la fin 1647 pour des raisons que l’on ignore encore. Les minutes notariales de Montreuil restent à être relevées, où j’espère apprendre la nature exacte de son voyage. L’a-t-on mandaté de ramener des nouveaux colons?
Comme le signale Michel Langlois dans son dictionnaire, une Déposition chez Audouart le 8 novembre 1651 à Québec nous renseigne que Martin Prévost est retourné à Montreuil en 1648, dans le but il semble de recruter des engagés pour la Nouvelle-France [ANC/M G8-A23/Mi M-1616]. La déposition en question est passée par François de Rosny de Bagnolet (village voisin de Montreuil) et Louis Regnard de Montreuil. La déposition semble appuyer une demande de dédomagement – encore inconnu – qu’aurait fait Martin Prévost envers la Compagnie de la Nouvelle-France (aussi connue sous la Compagnie des Cent-Associés), pour lui rembourser les frais qu’il a encourus pour mener trois Montreuillois, Pierre de Vitry, Pierre Geoffrion (Geoffrillon) et Toussaint Savard sur le voyage de Montreuil à La Rochelle, dans le but qu’il s’embarquent pour le Canada. Il s’agit effectivement de trois patronymes bien connus à Montreuil, souche des Savard du Canada. Ce n’est pas clair selon cet acte effectivement les trois se rendent en Nouvelle-France.
Les trois cités, Geoffrion Savart et Vitry pourraient n’être pas venus au Canada, en se désistant à La Rochelle avant l’embarquement. Mais il est curieux que l’on attend exactement trois ans (période d’engagement des "engagés") pour demander un remboursement auprès de la Compagnie. La Compagnie ne défraye pas normalement les coût pour se rendre à La Rochelle, du moins je croyais… Est-il possible qu’il viennent faire leur trois ans, et que, puisqu’ils retourne en France après leur engagement, contre les plans de Prévost, ce dernier demande à la compagnie qu’on lui rembourse ses frais qu’il aurait pu autrement récupérer des sujets par la suite ici une fois leur engagement terminé et leur établissement complété. Du moins, voilà une théorie. Faites nous part de votre interprétation si vous avez d’autres théories.
Le 20 avril 1655, Martin Prévost et Pierre Lemieux passent une Déclaration au profit de François Bissot de La Rivière, devant Guillaume Audouart, notaire à Québec [ANC/MG8-A23/Mi M-1617].
Le 5 juin 1656, Vente de René Maheu à Martin Prévost. (No 466). Guillaume Audouart, notaire à Québec [ANC/MG8-A23/Mi M-1618].
Le 15 juin 1656, Déclaration de Martin Prévost en faveur de Jean Bailliarjon (Baillargeon) concernant la vente du 5 juin 1656 par René Maheu à Martin Prévost. (No 468). Guillaume Audouart, notaire à Québec [ANC/MG8-A23/Mi M-1618].
Le 25 janvier 1658, Accord entre Martin Prévost et Jean Pelletier. Paul Vachon, notaire à Québec [ANC/MG8-A23/Mi M-1621].
Le 22 juin 1659, Vente par les jésuites à Martin Prévost. (No 770). Guillaume Audouart, notaire à Québec [ANC/MG8-A23/Mi M-1618].
Le 15 mars 1660, Procès-verbal du sieur Jean Bourdon à la requête de Martin Prévost. Paul Vachon, notaire à Québec [ANC/MG8-A23/Mi M-1621]. Cette date est intéressante car c’est précisément le 15 mars 1664 que Simon Savard fait une requête au Conseil Souverain qui vise aussi le sieur Bourdon.
Le 25 juillet 1660, Vente de Pierre Lepetit et autres par leur procureur, Jean Levasseur, à Martin Prevost. (No 898). Guillaume Audouart, notaire à Québec [ANC/MG8-A23/Mi M-1619].
Le 10 octobre 1660, Convention entre Pierre Lepetit et autres par leur procureur, Jean Levasseur et Martin Prevost. (No 936). Guillaume Audouart, notaire à Québec [ANC/MG8-A23/Mi M-1619].

Au premier contrat signé par Simon Savart en Nouvelle-France, soit lors du Contrat de mariage de sa fille Denise Savart à Abraham Fiset, chez le notaire Vachon le 20 novembre 1663 à Québec, Martin y est présent. Pour la mariée, sont cités comme témoins son père et sa mère, Martin Provost et Marie Olivier son épouse, Jean Provost nepveu[?] de Martin Prévost, et Jacques Bussière dit Laverdure. Au bas de l’acte, on retrouve côte à côte les signatures de Simon Savart et Martin Prévost [le notaire écrit Provost, mais Martin signe Prevost].

Mais qui est de Jean Prévost neveu de Martin? Est-il le fils de Nicolas Prévost (frère de Martin) & Claude Masson, qui aurait alors 20 ans? Le Louis Prévost qui signe aussi cet acte semble être le fils de Martin, même s’il n’a que 12 ans à l’époque. L’épouse de Martin, Marie Olivier, signe aussi cet acte.
Bien que Martin Prévost a quitté Montreuil depuis longtemps, il y laisse encore des traces. Le 4 février 1664, Antoine Bérault laboureur demeurant à la Basse-cour, déclare deux pièces de vignes «au lieu de Martin Prévost». Comme normalement le rédacteur précise les acquisitions, Martin Prévost semble demeurer propriétaire des pièces, les louant à Bérault. Le loyer est probablement payé à un parent de Martin en son absence. Les deux pièces sont déclarées au Terrier de la censive de la congrégation St-Lazare à Montreuil [ANF S/6737]. La première fait un quartier au lieu-dit les Petites Plantes. La deuxième pièce consiste en 8 perches au lieu-dit le Chavot (pièce colorée ci-dessous). On reconnaît cette dernière pièce tiré du quartier ou environ déclaré entre 1596 et 1640 par le père de Martin, Pierre Prévost.
Le 28 octobre 1665, Contrat de mariage de Martin Prévost et [sic, veuf de] Marie-Olivier Sylvestre [et Marie d'Abancourt veuve Geoffroy Guillot]. (No 233). Claude Auber, notaire à Québec [ANC/MG8-A23/Mi M-1620].

Les terriers n’existent pas seulement dans les seigneuries de la vieille France. Le 10 décembre 1667, Martin prévost déclare tenir une place «sise en la Basse-Ville de Québec, par-devant la rue Sous-le-Fort, sur laquelle il y a une maison consistant en une chambre, un cabinet, une cave et un grenier, et à un emplacement par-devant la rue descendante au Cul-de-Sac et port de Québec». Cette déclaration est faite au Papier terrier de la Compagnie des Indes occidentales [ANQ Pistard/E1,S4,SS2,P106/Québec]. Martin Prévost signe la déclaration, acte numérisée dans la base Pistard.
Le 8 octobre 1668, Vente de Marie d’Abancourt, veuve en premières noces de Jean Jolliet, en secondes de Geoffroy Guillot et femme en troisièmes noces de Martin Prévost, à monseigneur François de Laval. Gilles Rageot, notaire à Québec [ANC/MG8-A23/Mi M-1624].
Martin est décédé le 27 janvier 1691 et inhumé le lendemain à Beauport, Qc.
*À noter que j’utilise généralement les noms géographiques de l’époque, et n’est aucunement motivé politiquement:
Canada = auj. Québec (province)
Acadie = auj. provinces Maritimes
Grands Lacs = auj. Ontario/Michigan/etc.
Louisiane = auj. bassin hydrographique du Mississippi, etc.